mardi 21 avril 2020

Auto-portrait d'un double



Journaliste local, je vis au cœur d’une campagne française, dans le sud-ouest, après avoir exploré bien d’autres territoires. L’exercice de la presse de proximité ne permet pas les faux fuyants. Ce qui s’écrit se vérifie et celui qui triche doit rendre des comptes. L’actualité locale se raconte au contact de ceux qui la vivent. C’est un exercice qui exige humilité et bienveillance et aussi l’amour de son terroir.

«  Aucune créature romanesque ne peut naître dans ce vacarme intérieur, dans ce monotone tohu-bohu de la politique et de l'actualité que le métier de journaliste nous oblige à suivre. » écrivait François Mauriac en 1967. Il y parvenait pourtant bien, lui dont les personnages et leur univers semblent toujours vivants.

Magnus Latro est l’alter ego d’un reporter, l’inventeur d’histoires d’un chroniqueur du réel. Il partage avec son double l’expérience de ses observations. Mais lui seul dispose du droit de les manipuler et de les intégrer à un récit d’invention.

Le romancier permet au journaliste des escapades dans son imaginaire. Le journaliste rappelle sans cesse le romancier à la réalité. Chacun échappe à la  schizophrénie. L’actualité est préservée et l’invention y gagne en crédibilité.

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