lundi 8 février 2021

Les bordels du Poteau, au cœur de l’intrigue de Varcolac

Les Bordels du Poteau, à Captieux, sont restés ouverts jusqu'en 19_è (photo d'illustration, Photo Flickr/ jose pereira) 


Varcolac, bientôt en vente sur toutes les meilleures plateformes et en librairie se déroule dans la forêt des Landes Girondines. L’intrigue de ce thriller se prolonge dans lieu bien connu des habitants du Sud Gironde : les bordels du Poteau, un hameau du territoire de la ville de  Captieux, constitué de maisons closes qui sont demeurées ouvertes jusqu’en 1987.


Le 12 mars 1987, 60 CRS et 130 policiers débarquent au lieu-dit Le Poteau, sur la commune de Captieux. Les forces de l’ordre viennent mettre fin au commerce du sexe pratiqué ici en toute illégalité, au vu et au su de tous. C’est la fin d’une histoire de plus de 30 ans, qui a construit la prospérité de la cité gasconne, dès les années 50. 

On venait ici de toute l’Aquitaine, au 421, au Salon, à La Grange, au Baby, des maisons closes avec pignon sur rue, au bord de la D932. Une quinzaine de bordels étaient alors ouverts, depuis l’arrivée des Américains, au camp du Poteau, qui s’étendait jusqu’à Mont-de Marsan. Près d’un millier de soldats US stationnaient là et ils étaient nombreux à venir prendre du bon temps auprès des filles, à l’abri de la forêt dans les bordels.

Départ des soldats US


En 1966, le général De Gaulle a renvoyé les GI’s dans leurs pénates et la bannière étoilée a cessé alors de flotter à Captieux. Pour autant, les lupanars ont continué à prospérer dans le petit village, avec les nombreux clients qui y avaient pris leurs habitudes. 

Equipes de rugby, notables bordelais, employés marmandais ou langonnais, le Poteau brassait une population variée, y compris des Beaux Mecs du Milieu. Dans les années 80, l’ambiance était même devenue pesante. Autour des bordels gravitait une faune de criminels, ou au moins de petits truands. J’ai rencontré des anciens qui y avaient leurs habitudes. Certains n’hésitaient pas à parcourir des dizaines de kilomètres à mobylette pour s’y rendre, voire plus, comme cet homme qui venait de Pau en solex.

Témoignages


L’hebdomadaire Le Républicain a publié sur le site actu.fr un beau reportage relatant l’histoire de ce lieu atypique, qui a profondément marqué la mémoire locale. Certes n’y est pas évoqué le sort des « filles », ni le côté obscur de la prostituions, l’exploitation de la misère, le piège que constitue cette activité, mais il restitue avec fidélité de nombreux témoignages. C’était un lieu de fête, aussi une forme de légende, autant qu’une cause de scandale.

Varcolac, se déroule en grande partie dans la forêt des Landes Girondines, avec ses immenses parcelles plantées de pins, ses forêts profondes, qui recèlent aussi des marais et de grandes étendues d’eau. L’histoire m’a tout naturellement conduit aux portes du Poteau, point de rencontre du crime organisé, pôle d’attraction de la prostitution. Les fantômes du Poteau se sont réveillés. Certains sont bel et bien vivants et ils veillent sur de terribles secrets. 

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